Croix-reliquaire de la Vraie Croix de l'abbaye de Clairmarais

Petite introduction:

Dans le trésor de la confrérie de Notre-Dame des Miracles, se trouve un trésor à peu comparable, la croix provenant de l’abbaye de Clairmarais. Cet établissement fut le plus grand de la région après Saint-Bertin. Fondé au XIIe siècle, il rejoint la réforme clunisienne et réunit des domaines très riches avant que les guerres de la fin du Moyen Age et des siècles suivants ne ruinent sa prospérité. Cette croix datant des années 1210, l’époque de la splendeur, est un excellent reflet de cette prospérité. Réalisée à une époque proche de la prise Constantinople par les croisés, elle est l’une des premières œuvres appartenant au « style 1200 ».

La croix de Clairmarais présente une face dorée recouverte de réseaux floraux de grande qualité réalisés en filigranes et de pierres enchâssées. Des études réalisées par le musée de Namur ont montré que 80% de ses pierres et verres datent du 13e siècle et que 70% d’entre eux sont dans leurs montures d’origine, ce qui est exceptionnel. Cette croix se démarque notamment par le très grand nombre de pierres et la diversité de leurs provenances. Leur arrangement semble avoir été pensée en termes de préciosité, plus que de rythmique des couleurs. Issues de trésors anciens, et pour certaines extrêmement rares, elles ont été regroupées ici pour renforcer l’authenticité et le pouvoir de la relique abritée.

Le revers de la croix, argent et or, est également de grande qualité. Il présente un Christ en croix encadré de la Vierge et de saint Jean, surmonté d’un Christ sauveur du monde. Les quatre évangélistes sont placés à chaque extrémité, en tant que témoins de la crucifixion, dont cette croix se veut une émanation. Elle sert aux processions mais constitue surtout un reliquaire, des morceaux de la vraie croix rapportés pendant les croisades étant réputés abrités en son sein. Ils sont visibles à travers le cristal de roche disposé en forme de croix côté face.


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