Pied de croix de l'abbaye de Saint-Bertin
Un beau jour au 19e siècle, un objet inconnu arrive dans la vitrine d’un horloger. C’est un joyau jusque-là inconnu, que la ville de Saint-Omer achète en 1838. On le suppose issu de l’autrefois très riche abbaye Saint-Bertin, d’où il réchappa miraculeusement en évitant les fontes révolutionnaires.
Ce pied était, comme son nom l’indique, destiné à supporter une grande croix que l’on disposait sur l’autel. Réalisé en cuivre doré et émail champlevé, il propose à la fois des sculptures très expressives et des scènes colorées rappelant les enluminures de l’époque. Chacune des images qui l’orne évoque la croix disparue, reprenant les liens tissés par les théologiens médiévaux entre scènes de l’Ancien Testament et Passion du Christ, dont la mort sur la croix est ici décrite par les évangélistes servant de pieds.
Ce chef-d’œuvre unique au monde a dû être réalisé vers 1170-1180 par un atelier itinérant provenant de la région mosane (Liège ?) et de passage à Saint-Omer. A défaut d’en connaître l’identité, on ne peut qu’admirer la prouesse technique et le style typique de « l’art 1200 ».
L’objet se compose d’une base hémisphérique, ornée tout autour d'un disque ajouré à motifs végétaux, sur lesquels sont assis les quatre évangélistes, qui servent de supports au pied de croix. Leurs quatre symboles les surplombent, à la jonction entre la base et le pilier carré. Du chapiteau qui couronne le tout naissent quatre figures symbolisant les éléments. Mais ce sont surtout les huit scènes émaillées qui reprennent des passages de l’Ancien Testament dont la vivacité du coloris ressort du fond doré.
Cette application vous permet d’en savoir plus sur les scènes représentées et les secrets de fabrication, en cliquant sur les différentes parties de l’objet. Des jeux sont également disponibles, alors bonne découverte !